Alimentation consciente et nutrition:
Apprenez à nourrir le corps, l’âme et l’esprit

4 août 2023 · 11 min de lecture

Alimentation consciente et nutrition:<br> Apprenez à nourrir le corps, l’âme et l’esprit
Paola Cóser, une coach alimentaire dans son cabinet de consultation à Madrid

Faut-il vivre pour manger ou manger pour vivre? Tout le monde sait que manger est nécessaire à la survie, mais la nourriture représente tellement plus qu’un simple combustible! C’est une fête en famille, entre amis, des liens et une culture. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse à cette question, mais une chose est sûre: il est crucial d’entretenir un rapport sain à la nourriture. Grâce à son expérience, Paola Cóser, une nutritionniste certifiée spécialisée dans l’alimentation consciente avec un Master of Science in Obesity and Weight Management (gestion de l’obésité et du poids), a développé une approche multiculturelle. En s’appuyant sur sa sagesse et en intégrant diverses cultures, Paola a développé une méthode pour entretenir un rapport sain à la nourriture. Préparez vous à embarquer dans une aventure riche en saveurs qui nourrira le corps et l’esprit!

La nourriture nous permet de vivre! Il est si facile d’oublier ce fait lorsqu’on décide sans réfléchir de ce qu’on va manger. Mais voici la vérité: chaque décision alimentaire compte! Donc, au lieu de se mettre en pilote automatique, il faut prendre le temps d’apprécier le pouvoir de l’alimentation consciente. Pablo Neruda, l’un des prix Nobel en littérature les plus appréciés au monde, a donné vie à la nourriture. Dans sa poésie, il a pris certains des aliments les plus rudimentaires et les a transformés en quelque chose d’extraordinaire. Dans ses Odes élémentaires, il rebaptise les tomates «les étoiles de la Terre» et décrit les oignons comme «clairs comme une planète, destinés à briller». Même les artichauts sont appelés «le légume en armure», mettant en avant le pouvoir des aliments frais comme quelque chose de magique, plein de sens et avec une approche sociologique.

Tout comme Pablo Neruda, Paola Cóser met l’accent sur le superpouvoir détenu par la nourriture et l’alimentation consciente. Dans son cabinet de consultation à Madrid, elle apporte son aide à des personnes venant de nombreux pays dont la France, l’Italie, la Suisse et l’Espagne. Grâce à sa licence en Science du sport et des activités physiques, Paola Cóser reconnaît le besoin de sensibiliser davantage et de se reconnecter à la nourriture.

1. Ce que nous mangeons ou comment nous mangeons n’est pas enseigné dans les écoles et les universités. Il est parfois difficile, même pour les enfants et les adultes, de conserver un rapport sain à la nourriture. À cet égard, il faut tenir compte des taux alarmants d’obésité dans des pays comme les États-Unis (36,3% d’obésité chez les adultes), selon le rapport Obesity Rates by Country1, ou des maladies liées à de mauvais rapports à la nourriture. Selon ce postulat, quelle serait la première étape pour prendre conscience de manière positive de son rapport à la nourriture?

Le processus de prise de conscience qui mène à un changement positif comporte trois étapes. Cela s’appelle le Modèle de Prochaska et DiClemente. Tout d’abord, nous sommes plongés dans la phase de pré-contemplation où il n’y a aucune intention de changer. À ce stade, nous ne sommes pas conscients de nos habitudes alimentaires. Nous mangeons mais ne considérons pas l’impact de notre régime alimentaire sur notre santé. Puis nous entrons dans la phase de contemplation, au cours de laquelle nous réalisons ce qu’il se passe car nous sommes mal à l’aise ou en mauvaise santé. Lors de cette phase, nous ne sommes toujours pas prêts à passer à l’action, nous nous rendons simplement compte de la situation et nous la contemplons. Dans cet état d’ambivalence, on peut se dire: «Je sais que je dois faire ce changement», mais on n’agit pas encore. Notre esprit reste dans la zone de confort car il compense et il est aisé de répéter les mêmes actions.

Je dirais que la prise de conscience n’est pas synonyme de changement. Il faut généralement un certain temps pour passer à la phase d’action et de stratégie. Cela se produit en cas de nécessité, ou lorsqu’il y a un déclencheur ou une expérience marquante poussant à l’action. Par exemple, vous réalisez subitement que votre comportement alimentaire se reflète chez quelqu’un d’autre et vous décidez d’agir consciemment. Cette étape est formidable, car c’est le premier pas vers une nutrition consciente et vers la réussite.

2. Chaque pays a ses propres politiques alimentaires et nutritionnelles. Par exemple, au Royaume-Uni, le NHS publie ses propres conseils et guides alimentaires pour une alimentation équilibrée sur son site Web officiel2. Le fait d’avoir un accès facile est très utile, mais comment instiller une prise de conscience et des habitudes conscientes pour créer un changement? Comment créer des habitudes pour développer un rapport sain à la nourriture?*

La plupart des gens savent que les fruits et les légumes sont bons pour la santé et font partie d’un régime alimentaire équilibré, mais ils doivent être incorporés en quantités suffisantes dans leur alimentation quotidienne. Il est essentiel d’intégrer l’habitude par la répétition.

Pour ce faire, il faut vouloir que quelque chose se produise et ensuite le réaliser en répétant constamment l’action. La prise de conscience dans ce cas est encore plus importante et à partir de là, nous pouvons dire que s’alimenter consciemment signifie connaître les avantages d’une alimentation saine, savoir comment on se sent en mangeant plus sainement, et quels sont les obstacles qui nous empêchent d’y arriver.

«S’alimenter consciemment signifie connaître les avantages d’une alimentation saine, savoir comment on se sent en mangeant plus sainement, et quels sont les obstacles qui nous empêchent d’y arriver.»

Il existe de nombreux schémas interrompant nos intentions au quotidien. Pour moi, c’est le rapport que j’ai eu à la nourriture pendant mon enfance, dans des moments de stress, ou même à cause de l’exposition constante aux publicités dans les médias, aux fast-foods, etc.

Pour créer de nouvelles habitudes alimentaires, il est donc essentiel de prendre conscience de sa situation actuelle comme point de départ, en sachant quel comportement nous souhaitons changer et pourquoi, quels avantages en tirer et ce que nous sommes prêts à abandonner pour obtenir d’autres avantages.

Il est essentiel de mettre en place de véritables changements sans être trop restrictif avec les aliments que nous aimons beaucoup. Il s’agit également d’observer les domaines de notre vie qui peuvent être affectés, tels que la vie sociale, la vie familiale, le stress et les croyances. Il ne s’agit pas seulement d’incorporer une alimentation saine, mais aussi d’établir un rapport à celle-ci.

3. Enrique Rojas, professeur de psychiatrie et directeur du Spanish Institute for Psychiatric Research, explique dans son livre 5 Tips to boost intelligence3 que «la détermination signifie savoir attendre et continuer». Il souligne également l’importance de la volonté, disant que «la volonté est le joyau de la couronne, avoir de la volonté va bien au-delà que d’être intelligent». Dans notre contexte, comment la volonté et la persévérance permettent-elles d’améliorer le rapport à la nourriture? Et surtout, comment les développer de manière plus consciente?

Selon mon expérience, en matière d’alimentation, la volonté permet généralement à la plupart des gens d’amorcer le changement et c’est formidable. Cependant, la volonté peut être un facteur à court terme avec une date d’expiration. Bien que la volonté soit souvent liée au désir d’atteindre des objectifs, donnant la force et l’énergie nécessaires pour les atteindre, je crois que la prise de conscience est fondamentale pour initier tout changement. Lorsque vous ressentez le besoin de prendre cette impulsion et de commencer à chercher des stratégies et de l’aide, vous pouvez alors percevoir que cette force peut réellement être développée. Vous commencez à incorporer ces changements souhaités étape par étape.

La persévérance et la discipline sont extrêmement importantes car c’est ce qui forge un nouveau régime; dans ce domaine, le changement est toujours possible par la répétition, l’écoute de son corps, de ses sensations, l’attention portée à son rapport à la nourriture et à tout ce qui empêche d’y parvenir.

4. D’un point de vue sociologique, l’alimentation est également un phénomène social et culturel. C’est aussi une source essentielle pour l’individu, la famille et la société. Sur la base de ce postulat, comment les choix alimentaires sont-ils influencés par la famille ou l’environnement social?

C’est un sujet intéressant. La nourriture nous relie à tout. Elle est au cœur de notre survie et elle nous accompagne depuis le début de notre vie. Certaines odeurs peuvent nous ramener à notre enfance ou à notre pays, de façon positive ou négative, ce qui conditionne nos choix alimentaires.

«La nourriture nous relie à tout. Elle est au cœur de notre survie et nous accompagne depuis le début de notre vie.»

Chaque famille a ses propres habitudes alimentaires et une façon particulière de contextualiser la nourriture. J’entends par là que la nourriture peut être un acte d’amour et de protection, mais elle peut aussi être considérée comme quelque chose de négatif, par exemple lorsque des conflits surviennent pendant les repas, que des interdictions sont mises en place ou en cas de problèmes familiaux. Les émotions et la nourriture sont alors étroitement liées.

Il en va de même dans la sphère sociale et culturelle, car chaque pays a sa propre gastronomie et ses rituels alimentaires. Ainsi, cette exposition constante à certains aliments renforce le rapport au lieu de vie.

Il est fondamental et extrêmement positif de prendre conscience de ces habitudes sociales et familiales. Il est vital, par exemple, de réaliser ce qui est bénéfique pour soi afin de réaliser un choix plus conscient entre ce dont notre corps a besoin et ce que nous pouvons abandonner. De plus, réaliser quelles émotions, quels comportements et quelles croyances conditionnent nos habitudes peut permettre d’éliminer certains schémas alimentaires et d’en renforcer d’autres.

5. L’Espagne aura l’espérance de vie la plus élevée d’ici 2040, d’après une étude menée par Health Metrics and Evaluation à Seattle4, dépassant le Japon. Cela s’explique notamment par l’alimentation. L’étude Predimed5 du Ministère espagnol de la santé a démontré que le régime méditerranéen constitue un mode d’alimentation sain pour la prévention des maladies cardiovasculaires. L’étude, publiée dans le New England Journal of Medecine6, est l’essai clinique sur les bénéfices du régime méditerranéen le plus important au monde. De ce fait, quels sont les ingrédients du régime méditerranéen essentiels à notre santé?

Dans le régime méditerranéen, la priorité est donnée aux fruits et aux légumes, et l’importance de la consommation de produits de qualité tels que l’huile d’olive vierge extra (HOVE) est reconnue. Les noix et le poisson, les légumes, les céréales complètes, les produits laitiers, les œufs, la viande blanche (de préférence moins de viande rouge) constituent également d’excellentes sources alimentaires.

La consommation de fruits et de légumes rend ce régime sain non seulement en raison de l’apport de fibres, de vitamines et de minéraux, mais aussi parce que les fruits et les légumes contiennent un grand nombre de substances bioactives. Ces composants influencent l’activité cellulaire et les mécanismes physiologiques avec des effets bénéfiques pour la santé. Parmi ces composants, on trouve les bêta-carotènes (carottes, citrouilles), le lycopène (tomates), les anthocyanes (raisins, framboises, myrtilles, mûres), la chlorophylle (feuilles vertes), la lutéine et la zéaxanthine (épinards, maïs, avocats, melons). Les glucosinolates (brocolis, choux), grâce à leur action antioxydante, préviennent non seulement des maladies, mais favorisent également la longévité.

Il est également excellent d’incorporer des graisses de bonne qualité telles que la HOVE, le poisson gras et les noix qui fournissent des graisses polyinsaturées (oméga 6 et oméga 3). Un équilibre de ce type de graisse empêche les processus inflammatoires dans notre organisme et aide à prévenir les maladies cardiovasculaires, le diabète et la dépression lorsqu’il est accompagné d’un mode de vie sain.

6. L’alimentation consciente se focalise sur les expériences alimentaires, les sensations du corps et bien sûr, sur l’approche physique et mentale à l’alimentation. À ce propos, quels conseils donneriez-vous pour nourrir harmonieusement le corps, l’esprit et l’âme?

Lorsque je parle de santé, j’inclus l’esprit, le corps et les émotions. J’entends par là que je ne peux pas travailler sur un domaine et laisser les autres de côté.

L’alimentation est étroitement liée aux croyances (esprit), aux émotions, et aux besoins corporels, alors lorsque je travaille avec mes patients, je nourris ces trois domaines simultanément afin qu’ils puissent atteindre leurs objectifs.

Pour nourrir le corps, je suggère d’incorporer plus de fruits et de légumes (composants bioactifs) à votre régime. En plus de prendre soin de votre corps, je recommande de commencer par des mouvements calmes tels que le yoga ou la marche afin de conditionner le corps au mouvement.

Afin de rester attentif aux pensées et aux émotions, je conseille vivement de suivre vos réflexions. La méditation est également importante. Cependant, lorsqu’il y a beaucoup de bruit mental, il vaut mieux commencer par une méditation en mouvement. Cela signifie être présent lors d’une activité telle que la marche. Par exemple, je me concentre sur mon corps, je ressens les mouvements des muscles et je respire activement.

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Références

  1. Obesity Rates by Country 2023 from the World Population Review, official website, https://worldpopulationreview.com/country-rankings/obesity-rates-by-country
  2. The National Health Service in England, NHS, Food Guidelines and food labels, 16 September 2022, https://www.nhs.uk/live-well/eat-well/
  3. Enrique Rojas, 5 tips to boost intelligence, original title, 5 consejos para potenciar la inteligencia,January 2018, Publishing House, Booket.
  4. Forecasting life expectancy, years of life lost, and all-cause and cause-specific mortality for 250 causes of death: reference and alternative scenarios for 2016–40 for 195 countries and territories
    Crossref DOI link: https://doi.org/10.1016/S0140-6736(18)31694-5 Published Print: 2018-11
    Update policy: https://doi.org/10.1016/elsevier_cm_policy
  5. Primary Prevention of Cardiovascular Disease with a Mediterranean Diet Supplemented with Extra-Virgin Olive Oil or Nuts, Publication: The New England Journal of Medicine, Publisher: Massachusetts Medical Society, Jun 21, 2018. https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa1800389#article_references
  6. Primary Prevention of Cardiovascular Disease with a Mediterranean Diet Supplemented with Extra-Virgin Olive Oil or Nuts, Publication: The New England Journal of Medicine, Publisher: Massachusetts Medical Society, Jun 21, 2018. https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa1800389#article_references

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